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Michel Remoissenet : la recherche passionnément

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Michel Remoissenet a été professeur de physique à l’Université de Bourgogne, entre 1963 et 1999. Il nous a quitté le 6 mai 2020. Ses collègues proches de physique lui rendent hommage et partagent des témoignages sur son goût de la recherche et de la vie !

« J’avais un problème : je n’aimais pas l’école ! », cet aveu n’a pas empêché Michel Remoissenet de devenir un physicien à la renommée mondiale dans le domaine de la propagation des ondes.

À l’âge de dix ans, il construisait des radios et faisait les 400 coups dans les rues de Beaune, comme il le raconte dans son roman « Les P’tiots de Beaune ».

Il ne semble jamais avoir perdu son esprit vif et peu conformiste, en particulier dans sa façon de faire de la recherche : passionnément.

Michel était le spécialiste des solitons, l’auteur de « Waves called solitons » : un livre qui sera élevé au rang des ouvrages essentiels de la physique. Les solitons sont des ondes. Ils ont la particularité d’être très robustes et de se propager très longtemps. En 1834, près d’Edimbourg un chevalier, John Scott Russel, remarque une vague devant une péniche… Des chevaux tiraient la péniche, ils se sont arrêtés, la péniche a continué et surtout elle a créé une vague devant elle. Et cette vague s’est propagée… Scott l’a suivie à cheval. Elle ne s’arrêtait pas ! C’était un soliton. Quelques années plus tard à Dijon, un ingénieur, Henri Bazin, s’est passionné pour cette vague. Il a fait construire un petit canal parallèle à l’ouche, au fond du parc de la Colombière. Il y a mené des expériences pour comprendre cette propagation. Et puis tout ceci est tombé dans l’oubli.

Dans les années 1970, Michel Remoissenet étudiait la physique « des solides ». Il avait réussi à mettre en équation un phénomène très persistant : une histoire de mouvement dans des chaines d’atomes. Il s’est rendu compte que cela était déjà décrit par ailleurs, il s’agissait de solitons. Le phénomène était retors : complexe à mettre en équation et c’est ça qui intéressait Michel. Au passage, il appuyait leur intérêt « ne serait-ce que pour le côté spectaculaire ! ». Michel expliquait que – dans le cas de solitons marins – le destin naturel d’une vague : s’étaler pour disparaître (du fait de la pesanteur) était compensé par une composante “non linéaire” qui la resserrait. La forme de vague bossue était maintenue et l’onde pouvait parcourir des kilomètres. Pour comprendre et surtout donner envie d’explorer ces phénomènes “non linéaires”, Michel rappelait les exercices que l’on donne généralement aux étudiants. On propose de faire des calculs sur des oscillations de pendules. Mais les exercices se cantonnent toujours à des petites oscillations : le pendule (une bille tenue par un fil par exemple), s’écarte peu de la verticale. Ces cas sont étudiés parce qu’on sait mettre en équation ces petits mouvements. Mais ce qui est intéressant, « c’est les grandes amplitudes », ce que les physiciens appellent le “non-linéaire”. « Ne pas faire de Physique non linéaire, c’est enfoncer des portes ouvertes.» Le “non-linéaire” ouvre le monde des ondes de chocs, des mascarets, de l’origine des tsunamis, des tremblements de terre, de la physique des catastrophes.

Durant plus de 30 ans avec son équipe, Michel a utilisé, adapté, développé ces concepts, pour les appliquer à des cas de pression sanguine, de brins d’ADN ou encore de lumière. Ce groupe défrichait la posture de recherche pluridisciplinaire. « On nous disait qu’on ne faisait plus de physique » confiait-il en 2005, mais ils exploraient, avançaient, faisaient fit des normes. Michel racontait : « avec notre petite équipe, c’était fantastique ! » Il aimait partager ce conseil : « Il ne faut pas aller là où tout le monde va. » Sans concession, il faisait remarquer que : « Sans passion, on n’avance pas et puis la vie est triste… En recherche, on ne sait pas ce qu’on recherche, c’est petit à petit que les idées progressent et puis on ne compte pas notre temps, c’est une passion. Donc si c’est une passion c’est la vie, c’est Sa vie. » Telle le soliton, sa passion robuste ne s’est jamais atténuée sous le poids du conformisme. Elle s’est propagée, comme en témoignent, dans ce recueil, quelques-uns des chercheurs qui l’ont accompagné.

Lionel Maillot

Alliant sciences et partage, Michel Remoissenet participait à des programmes de vulgarisation. Ici, une soirée « Vibrations » autour des ondes, en 2005 à l’atheneum.

Alliant les équations au concret, Michel avait conçu plusieurs dispositifs permettant d’illustrer la propagation d’ondes de choc et de solitons. Ici, une ficelle et des pinces à linges. Dans le laboratoire de physique : un grand canal de 20 mètres de long.

Notre grand pape des solitons nous a quitté à presque 85 ans. Il avait fait de Dijon, et pour longtemps, un centre international des ondes solitaires et de la propagation de structures cohérentes, avec des réalisations expérimentales qui ont beaucoup contribué à la vulgarisation de ces idées nouvelles où non linéarité et dispersion arrivent à s’équilibrer. Il a aussi essaimé, par ses directions de thèse et ses conseils, jusqu’en Crête avec Stephanos Pnevmatikos et au Cameroun avec Timoléon Kofané, où ses ex-doctorants ont aussi créé de grands centres de recherche en Physique non linéaire.

Un grand nombre de chercheurs lui doivent beaucoup car il communiquait la joie de travailler dans ce domaine passionnant, et le plaisir de confronter théorie, simulations et expériences réelles. On retiendra son dynamisme sa fougue, son prosélytisme à convaincre qu’à négliger les aspects non linéaires, les chercheurs physiciens tourneraient en rond…

Jean-Marie Bilbault

C’est avec une grande tristesse, et aussi un grand honneur que j’ai pris le temps de rechercher dans mes archives de 1995 quelques souvenirs de cette période où la physique non linéaire à Dijon était en pleine effervescence. C’est l’étudiant que j’étais, découvrant les couloirs de l’étage OSC, qui n’oubliera jamais ces quelques moments passés avec Michel, se confondant à la dégustation d’un grand cru où les sens visuel, olfactif et gustatif sont indispensables au physicien. Indispensables à la physique que sont, selon Michel, les expériences, les mathématiques et le bon sens afin d’éviter toute pensée et vérité « folklorique ». 

Comment pourrais-je oublier ici notre enseignant à la culture scientifique universelle. Suivez-le dans l’un de ses cours où le temps laissait souvent (et déjà) place à l’échange et la confrontation littéraire avec les étudiants en DEA que nous étions. 

Michel répandait à pleine voix, dans un auditoire qui l’écoutait avec délice, les trésors d’une connaissance variée et expérimentée. Et n’allez pas croire que les belles envolées dont retentissait l’amphithéâtre ou les salles de séminaires, restassent inconnues des étudiants et des collègues de l’Université de Dijon. 

C’est une chance de t’avoir eu dans mon jury de thèse. Merci Michel. 

Très attaché à cette rigueur et intuition scientifique dont il a également été le défenseur inconditionnel, Michel laisse également un message aujourd’hui écouté, et la réputation d’un chercheur plein de clarté, de rigueur et de franchise. La philosophie de Michel accompagne et reste une source d’inspiration. « Ne pas faire de physique non linéaire, c’est enfoncer des portes ouvertes ». Nous poursuivrons la transmission de ton message. 

Michel, merci 

Serge Dos Santos

Michel Remoissenet 1935 – 2020

Michel a joué un grand rôle dans la démarche scientifique de nombreuses personnes, à Dijon et ailleurs, par son enthousiasme, sa créativité, et surtout sa capacité à sortir des sentiers battus.

Avec Etienne Coquet, il a créé à Dijon le laboratoire « ORC », Optique du Réseau Cristallin, dans lequel il animait une équipe qui travaillait dans une ambiance amicale et stimulante. Sa curiosité l’a poussé à sortir du domaine traditionnel de la physique linéaire, où la réponse est proportionnelle à l’excitation, et à aller vers le monde encore émergent des ondes non linéaires, les solitons, aux propriétés remarquables. Le laboratoire, devenu « OSC », Ondes et Structures Cohérentes, s’est établi comme le point focal d’un réseau de chercheurs de toute la France, qui se retrouvaient régulièrement pour des rencontres dans ce domaine encore neuf.

Bien que cette idée de solitons lui soit venue de considérations théoriques, Michel était un expérimentateur dans l’âme. Il voulait voir les choses, et a donc construit des expériences qui frappaient les observateurs, un canal à solitons, une chaîne de pendules couplés, des lignes électriques à composants non linéaires inspirées par sa passion de l’électronique. Toutes ces « manips » étaient en fait des analogues de nombreux phénomènes de la nature, ondes hydrodynamiques, impulsions lumineuses dans les fibres optiques, ondes de pressions sanguines… . Michel a ainsi amené à Dijon toute une nouvelle physique et son influence scientifique se poursuit à travers les nombreux chercheurs qu’il a formés ou influencés.

Mais il n’était pas seulement un physicien créatif, c’était un ami, un personnage attachant aux intérêts variés, comme en témoignent par exemple le « Soliton blues » qu’il avait composé et qu’il aimait jouer au piano et les romans qu’il a écrits en mêlant science et aventures dans sa ville natale de Beaune.

Michel Peyrard

J’ai connu Michel alors que j’étais un jeune doctorant arrivé du sud. J’ai gardé un très bon souvenir de ma période Dijonaise, mais j’y ai rencontré peu de personnalités hautes en couleur comme pouvait l’être Michel Remoissenet. Il pouvait discuter une affirmation scientifique ou s’énerver fort dans la salle à café : on se serait cru dans le Sud !

J’aimais beaucoup discuter avec lui : il avait des avis toujours très affirmés, il aimait la contradiction… mais à condition d’avoir raison à la fin !

Un vrai passionné, indéniablement épris de physique sous toutes ses formes : expérimentales ou théoriques, fondamentales  comme les solitons ou appliquées à travers son réseau d’antennes paraboliques. À ce point, c’est rare. 

Je me rappelle aussi du jour où à cause d’un problème informatique, le chapitre 5 de son futur livre, Waves called solitons, avait disparu sans sauvegarde. Au bord de l’apoplexie, il faisait des allers-retours dans  le long couloir du laboratoire OSC se lamentant et criant. Mais il a vite réécrit le chapitre et terminé le livre qui s’est rapidement vendu comme des petits pains. 

Je me rappelle d’ailleurs de sa réplique de cette époque. Des gens qui ont commencé à écrire un livre, j’en connais beaucoup. Mais des gens qui en ont fini, beaucoup moins. Et il disait cela avec son sourire malicieux ! Lui en a fini plusieurs.

Son enthousiasme, indéniablement communicatif, et la diversité des approches qu’il aimait utiliser sont les deux traits de caractère que je garderai à l’esprit.

Thierry Dauxois

Evoquer Michel, c’est évoquer la passion de son métier, passion qu’il transmettait autant qu’il le pouvait à ses collègues, et  aux étudiants devenus ensuite apprentis chercheurs que nous étions. Michel avait aussi, du fait de son expérience, des avis assez tranchés parfois, pour ne pas dire très tranchants, mais il appréciait finalement qu’on ne soit pas d’accord avec lui dès lors que c’était argumenté. Michel, c’était aussi le professeur qui arrivait en cours, les manches de chemise toujours retroussées, et qui à un certain nombre de reprises, sortait un simple papier plié de sa poche, papier qui contenait uniquement les quelques lignes à partir desquelles il allait faire 2 heures de cours. Michel, c’était aussi une personne qui appréciait les bons moments de partage, les relations vraies entre personnes, et, on va le dire, la “déconnade“, même s’il se faisait parfois recadrer par Marie-Claire. Michel, c’était enfin les apéros chez lui, quand il vous annonçait qu’il avait trouvé “quelque chose“ dans sa cave, mais qu’il ne savait pas si ce serait encore bon. Et là, il vous sortait… le magnum de Montrachet de plus de 15 ans d’âge. Je n’ai jamais rien bu d’aussi bon pour ma part… .

Merci à lui pour avoir contribué à faire de nous ce que nous sommes devenus, pour toutes ces découvertes allant de la physique des solitons aux grands vins, en passant par les aventures des P’tiots de Beaune.

Patrick Marquié

Michel Remoissenet a eu une influence très marquante sur le développement de la Physique à Dijon. Avec ses collègues Etienne Coquet et Michel Peyrard, il a créé une équipe de recherche centrée sur une nouvelle thématique pour Dijon, qui était juste en train de se développer au niveau international : les solitons et la Physique Non linéaire. Cette équipe, petite en taille, mais avec une grande vision et beaucoup d’enthousiasme, a su attirer l’intérêt de beaucoup de jeunes, qui ont ensuite contribué au développement du sujet et à la réputation scientifique de Dijon. Leurs travaux ont eu rapidement une reconnaissance dans le milieu scientifique, qui a mené à des collaborations internationales du plus haut niveau.

Une contribution importante de Michel a été la recherche de systèmes physiques qui étaient des réalisations concrètes de solitons. Les solitons avaient été découverts dans le contexte d’ondes hydrodynamiques, décrites par l’équation de Korteweg-deVries. Ensuite, des propriétés très remarquables de cette équation ont pu être établies, et puis généralisées à d’autres familles d’équations. On peut dire que dans les années 1980  les solitons étaient une très belle théorie mathématique, mais avec très peu de réalisations physiques expérimentales concrètes. Michel Remoissenet a conçu des systèmes physiques concrets qui étaient des manifestations de solitons, en particulier dans des systèmes électroniques et mécaniques. Il a écrit un ouvrage « Waves called solitons », qui est encore aujourd’hui une référence  de premier niveau sur le sujet. Michel avait aussi un grand talent pédagogique, et il a su transmettre son enthousiasme à toute une génération de jeunes physiciens, qui ont poursuivi dans sa ligne de recherche. Les solitons, et autres phénomènes non-linéaires, ont joué ensuite un rôle central dans le domaine des transmissions d’ondes dans des fibres optiques.
Du coté personnel, son influence a été aussi remarquable. Il a montré par son exemple qu’on peut être un scientifique très sérieux et productif, et au même temps très ouvert et bienveillant envers  le monde, et avec un contact humain très proche avec ses collègues et les étudiants. Pour cet aspect, nous lui sommes aussi particulièrement reconnaissants.

Hans Jauslin

J’ai connu Michel lorsqu’il enseignait les ondes et les vibrations dans l’école d’ingénieurs FIRST, je faisais les travaux dirigés et travaux pratiques sur son cours. Nous étions collègues et sommes devenus rapidement amis. Il m’a transmis sa passion des solitons, de la physique non linéaire, du goût de l’excellence, le tout avec toujours beaucoup d’humour, de franchise et d’amitié. Grâce à lui, j’ai découvert un phénomène physique passionnant, l’instabilité modulationnelle qu’il étudiait avec Patrick et Jean-Marie. Puis un jour, dans la cage d’escalier, je le rencontre et il me dit avec son franc-parler habituel : tu sais qu’il y a un poste de professeur en physique l’année prochaine, il faudrait peut-être te bouger … pour soutenir ton HDR et postuler. Je n’étais au courant de rien et voilà comment je suis devenu professeur. C’est alors que j’ai commencé des expériences sur l’instabilité modulationnelle dans les fibres optiques et nous avons publié ensemble, avec aussi Patrice et Jean-Marie, notre premier article sur les effets non linéaires dans les fibres optiques. Nous étions allés tous les deux rencontrer l’un de ses amis à Alcatel pour nous procurer gratuitement des centaines de kilomètres de fibres optiques. Le début d’une aventure passionnante. Quelques années plus tard Michel m’a parlé de l’IUF, j’en ignorais l’existence, il m’a alors mis en contact avec Michel Peyrard qui était membre IUF, et c’est grâce à leur soutien que finalement j’ai été nommé membre junior IUF. Michel était un scientifique hors norme, dynamique, brillant, épicurien, grand sportif et particulièrement chaleureux. J’ai eu beaucoup de chance de l’avoir côtoyé, en enseignement, en recherche et aussi en soirées amicales où il m’a fait découvrir de très grands vins de notre région, des bouteilles prestigieuses. Nous avons passé des moments mémorables avec Marie-Claire son épouse, les collègues et amis dont Patrice, Patrick, Gérard, Claudine, Etienne, Bernard, Colette et d’autres, les plaisanteries et jeux de mots fusaient. Michel aimait beaucoup taquiner, plaisanter, faire des gags, mais lors de son dernier cours en amphithéâtre l’arroseur fut arrosé, imaginez sa tête lorsqu’il a démarré sa vidéo d’expériences sur les ondes, mais en fait d’un tout autre genre que je vous laisse deviner !

Michel est gravé dans nos mémoires à tout jamais. Encore aujourd’hui nous utilisons régulièrement ses chaînes de pendules couplés, ses chaînes électriques construites avec Patrick et Jean-Marie, le canal hydrodynamique dont la construction avec Bernard avait été une belle épopée, pas évident de trouver un endroit pour l’installer ! Il était très fier de ce canal qu’il avait inauguré en présence de grandes personnalités. Il me disait souvent, tu sais, pas besoin de beaucoup d’argent pour faire de la belle physique, il faut juste beaucoup de passion. Son livre sur les solitons est aussi une référence, je m’en suis fortement inspiré pour un cours en DEA et m’en inspire encore aujourd’hui. Michel aimait partager, j’ai beaucoup appris à ses côtés et je lui dois beaucoup. Nous avons passé des moments magnifiques ensemble que je n’oublierai jamais. Je me sens orphelin aujourd’hui.

Guy Millot

Je fais partie de ceux qui ont eu le privilège de côtoyer Michel Remoissenet de son vivant et qui sont aujourd’hui saisis par l’émoi suscité par son décès. Je partage totalement les sentiments qui s’expriment aujourd’hui sur les différents aspects de sa personnalité si attachante. Le trait qui m’a le plus marqué chez Michel Remoissenet, c’est cette perpétuelle bonne humeur qu’il avait et qu’il savait communiquer à son entourage.  Au fil des ans, il a ainsi su créer un cadre et une ambiance dans laquelle il était très agréable de travailler. J’ai aussi eu à  apprécier sa gentillesse et son sens de l’équité, qui ont fait de lui une personne facilement accessible, avec qui j’ai eu une collaboration scientifique très fructueuse.

Je ne souhaite pas m’attarder sur son œuvre scientifique, qui a déjà été largement mise en lumière par la plupart de ceux qui se sont exprimés depuis l’annonce de son décès. Pour moi, Michel Remoissenet fait partie des pionniers qui ont permis à une génération  de chercheurs de prendre réellement conscience de l’importance des effets non-linéaires dans la Physique des ondes. Ses discours, sa force de conviction, ses travaux scientifiques et activités de vulgarisation (avec sa chaine de pendule sous le bras), ont largement  contribué à des filières de recherche de se structurer et de prospérer à Dijon et hors de Dijon. 

Je reconnais aussi devoir beaucoup de choses à Michel Remoissenet, et en premier lieu, de m’avoir accueilli chaleureusement au sein de ce qui était alors le laboratoire OSC (Ondes et Structures Cohérentes) de La Fac des Sciences de l’Université de Dijon, et d’avoir guidé mes premiers pas dans la recherche scientifique. 

J’espère qu’il entendra mes remerciements de là où il se trouve, et souhaite qu’il repose en paix.

Patrice Tchofo Dinda

J’ai eu la chance de partager de nombreuses activités avec Michel. J’en garde de nombreux souvenirs. 

Scientifiques d’abord : les nombreuses discussions principalement sur la physique alors que nous travaillions sur des sujets différents, mais Michel était curieux de tout et tous les champs de nos disciplines étaient sujets d’échanges profonds, vifs et passionnés. Rien ne lui était indifférent. Il a contribué à développer des branches de la physique, à l’université de Bourgogne, qui étaient inexistantes avant lui. Il développa également des expériences utilisables aussi bien à des fins pédagogiques qu’à des fins de recherche. Michel était un scientifique complet, accompli, un exemple à suivre.

Son activité ne se limitait pas à son champ professionnel. Il aimait le sport, tous les sports, mais principalement les sports collectifs car il souhaitait partager. Il a joué plus particulièrement au handball et au volleyball. J’ai avec lui partagé cette activité.

Il était également un fin musicien plus particulièrement de jazz. Nous sommes nombreux à l’avoir entendu au piano en solo ou en groupe jouer cette musique qu’il appréciait particulièrement.

Il aimait également la randonnée dans la côte bourguignonne qu’il partageait avec une bande d’amis, agrémentée de pique-nique, et même de réveillons nocturnes les nuits de fins d’année.

C’est pour moi l’occasion de me souvenir d’excellents moments de partage.

Gérard Pierre

Je garderai de Michel le souvenir d’un scientifique éminent, rayonnant et respecté de ses pairs, qui a su garder les pieds sur terre en restant simple, humain, attachant, sportif, amoureux de la nature, et qui a su profiter de la vie.

En un mot, une personnalité exceptionnelle, que j’ai eu l’honneur de côtoyer !

Claudine Jonon

Message des petits-fils d’Afrique de Michel Remoissenet:

Parmi nous, petit-fils et arrière-petit-fils de Michel Remoissenet, certains l’ont connu et d’autre ne l’ont pas connu. Mais indéniablement, son ombre a plané sur toutes ces générations qui, sans le savoir ont été emportés par le vent de la physique non-linéaires et des phénomènes cohérents dans les réseaux atomiques et leurs analogies électriques, en passant par les résultats expérimentaux sur la visualisation du soliton.  Au moment où nous déplorons le départ brusque de cet illustre personnage, nous réalisons que son œuvre scientifique a transcendé le temps et l’espace et porte en elle, toute seule, une révélation de l’esprit dont tout scientifique passionné devrait rêver des délices, et s’en inspirer pour des projets futurs. Reposez en paix Professeur Michel Remoissenet.

Timoléon Kofane

Etudiant de Michel j’étais fasciné par le personnage son charisme et sa pédagogie. Lorsqu’il parlait d’un phénomène physique on était capable de l’imaginer le voir. Lorsqu’il parlait des équations qui régissent sa dynamique, on comprenait le sens de chacun des termes de ces équations et comment aborder le problème. Ambassadeur du Non Linéaire, doué de multiples talents, Michel était mon père Spirituel, un modèle scientifique et humain. Michel a su faire grandir ma passion pour la science, aujourd’hui,  j’essaie à mon tour modestement de transmettre le flambeau. J’espère chaque jour dans mon travail lui rendre hommage en portant son image et sa vision de ce qu’est  la science et ce que doit être un scientifique. Il va nous manquer le « P’TIOT ». MERCI MICHEL 

Jean-Christophe Comte

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