Mardi 11 avril 2006
Hubert BERGER Dijon / Université de Bourgogne
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Dépêche n°63683
Paris, Lundi 3 avril 2006, 16:51:42
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Cyril Duchamp Ligne directe: 01 53 10 39 37
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Domaine : École - Collège - Lycée Rubrique : Technologies de l'information et de la communication |
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Espaces numériques de travail: un rapport de l'Éducation nationale dresse un bilan pour l'année 2004-2005
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La mise en
place des ENT (espaces numériques de travail) dans le scolaire fait
apparaître des "évolutions positives qui commencent à se faire sentir",
mais aussi "des difficultés et problèmes dont la solution est loin
d'être immédiate", considère un rapport (n°2005-115 de novembre 2005)
de l'IGEN (Inspection générale de l'Éducation nationale) et de l'IGAENR
(Inspection générale de l'administration de l'Éducation nationale et de
la Recherche) que L'AEF s'est procuré. Le texte souligne que
"l'engagement de l'État au côté des collectivités manque de visibilité,
notamment en termes de moyens humains, ce qui menace fortement
l'objectif de généralisation initialement fixé pour 2007; les
partenariats entre l'État, les collectivités locales et les différents
autres acteurs concernés - entreprises, universités... -,
indispensables pour le déploiement d'ENT fiables et viables à long
terme, ne sont pas toujours parfaitement contractualisés".
L'enquête
menée par l'IGEN et l'IGAENR témoigne d' "une implication encore
faible des élèves en dehors de la classe". Celle des parents "est très
embryonnaire; un gros effort reste à faire, par exemple en généralisant
le développement des services qui concernent l'organisation quotidienne
de la vie scolaire, le suivi de l'assiduité et des résultats des
élèves". Autre constat dressé dans le document, "l'accès aux ressources
depuis l'extérieur des établissements n'est pas toujours possible; or,
les ENT ont explicitement vocation à prolonger en dehors de la classe
le travail commencé à l'école". Le rapport reconnaît l'existence d'une
"valeur ajoutée pédagogique" propre aux ENT mais qui n'est "pas
toujours perçue des acteurs de terrain".
PROBLÈMES D'ADÉQUATION
Concernant
le développement des usages, le rapport fait état d'un "déploiement
inégal des projets". Le document estime que "trop souvent les usages se
résument à un simple partage de ressources numériques qui aurait aussi
bien pu se faire à partir d'un réseau local classique". Ainsi, "de
façon très générale, le plein usage des ENT est perçu comme très lourd,
et ce d'autant plus que les avantages escomptés sont peu explicités, et
de toute façon peu mesurables". Avec des offres comme celles du CNS
(canal numérique des savoirs), du KNE (kiosque numérique de
l'éducation) ou encore des contenus gratuits et libres de droits
proposés par des sites académiques, les ressources en ligne "sont, dans
l'absolu, abondantes et variées". Dans les faits, "elles sont
relativement peu utilisées en classe, et il ne semble pas que les ENT
en aient pour le moment sensiblement accru l'emploi en dehors de
quelques établissements pilotes".
Le rapport pointe "la
disproportion entre le petit nombre des ressources pédagogiques et
éducatives généralement mises en ligne dans les ENT et la
sophistication, donc le coût, des solutions techniques". De plus, il
souligne que "bien que la réflexion sur la mise en ligne de ressources
pédagogiques soit déjà très ancienne en Aquitaine, on continue par
exemple à constater une utilisation très limitée de l'ENS [espace
numérique des savoirs, L'AEF du 03/10/2005, 56595] dans les Landes.
Ceci conduit à s'interroger sur l'adéquation des ressources numériques
aux besoins des enseignements, mais sans doute plus fortement encore
sur les formations à mettre en place en direction des personnels."
Concernant les ressources mises en ligne par les enseignants,
apparaissent plusieurs obstacles et notamment "l'utilisation fréquente
de supports non dégagés de droits, et à l'inverse la réelle difficulté
à obtenir les autorisations légales". "Il est urgent que [les
enseignants] trouvent [dans les ENT] les ressources dont ils ont
besoin, et qu'ils puissent y déposer leurs propres productions. Il
faudra pour cela vaincre les réticences, apprendre à mutualiser, à
travailler en équipe, à accepter les regards extérieurs."
"CADRAGE RÉGLEMENTAIRE PLUS FORMEL"
Selon
le rapport de l'IGEN et de l'IGAENR, il paraît "légitime de continuer à
s'interroger sur la pertinence d'avoir soutenu le développement d'un
nombre aussi élevé de projets différents" car, "malgré les efforts de
mutualisation déployés par la cellule d'accompagnement de la direction
de la technologie, la convergence des ENT régionaux n'est pas
manifeste". Selon le rapport, "il serait très souhaitable qu'au moins
dans le domaine des usages, une mise en commun s'organise à l'échelon
national" et "d'une façon plus générale, il faudra bien qu'à terme
proche", le "schéma directeur des environnements de travail", qui
constitue actuellement le seul texte de référence, "débouche sur un
cadrage réglementaire plus formel".
Le rapport considère que "le
pilotage national qui a jusqu'à présent conduit de façon souple les
premières phases de mise en place des ENT, fondées sur la créativité et
l'expérimentation, gagnerait à présent à s'inscrire progressivement
dans une démarche plus formelle, étayée par des textes réglementaires.
La question de la pertinence du soutien accordé au développement de
nombreux projets régionaux parallèles, même s'ils sont inter-opérables,
reste posée."
Source: "Les espaces numériques de travail, année 2004-2005", rapport n° 2005-115 de novembre 2005 de l'IGEN et de l'IGAENRDépêche n° 63683 © Copyright L'AEF - 1998/2006.
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